Autoréparer son vélo
Putting yourself on the bike-scaled
- LE 20 September 2022

Se lancer dans l’autorépation de son vélo

Une panne de vélo ? Pas de soucis ! Cette semaine, MPP a rencontré Eric Joly, coordinateur Technique de Solicycle, pour te proposer un avis expert et des conseils de pro pour bichonner ton vélo et prolonger sa durée de vie. 
Aller, en selle ! 🚴‍♀️

 

Rencontre avec Eric de Solicycle, Atelier vélo solidaire

Salut Eric ! Brisons tout suspens…c’est quoi l’autoréparation ?

Hello ! En anglais on dit DIY, c’est l’action de réparer par soi-même, de réparer son vélo en autonomie, de devenir vélonome. Chez SoliCycle, l’autoréparation a de nombreux enjeux outre le fait de permettre à un usager de faire la maintenance quotidienne de son vélo, l’objectif est de créer un lieu d’échange ou nos équipes de salarié·e·s en parcours d’insertion socio-professionnel vont rencontrer des gens de tout horizon et leur transmettre les bases de la mécanique autour de leur vélo.

Cela permet de donner confiance en soi à des personnes qui bien souvent l’ont perdue, qu’ils se sentent utile quand bien souvent, ils ont l’impression d’être rejeté et de faire rouler des vélos plus longtemps parce que bien entretenu.

Je parle souvent de l’inversion de la relation pédagogique, nos équipes bien souvent ont des expériences ou ils sont simples exécutants, pendant les ateliers d’autoréparation chez SoliCycle ils ont l’opportunité d’être ceux qui transmettent le savoir.

Ainsi on concourt au renforcement du pouvoir d’agir autant pour nos équipes que pour les bénéficiaires et cela avec une coloration économie circulaire puisque nous proposons en grande majorité des pièces détachées issues de vélos initialement destinés à la destruction.
Cool, non
😊


Est-ce que tu peux nous expliquer le concept et le fonctionnement de Solicycle ?

SoliCycle, c’est avant tout un projet d’insertion par l’activité économique qui recrute des demandeur·euse·s d’emploi de longue durée pour leur offrir :

  • un contrat de travail,
  • un accompagnement renforcé pour lever les freins à l’emploi durable,  
  • une formation à la mécanique cycle

Mais c’est aussi de la solidarité, du lien social, de l’économie circulaire, la promotion du vélo et des gens fort investis pour faire vivre tout cela au quotidien.

Vous en voulez encore, vous souhaitez connaitre tous les détails du projet SoliCycle, vous trépignez à l’idée de bichonner votre fidèle destrier, alors c’est le moment de venir nous rencontrer directement sur l’un de nos 7 ateliers.

 

Quels sont les problèmes auxquels il est facile de remédier via l’autoréparation ?

Souvent, les bénéficiaires arrivent avec des vélos qui n’ont pas reçu le soin qu’ils méritaient. Ils sont parfois en piteux état. Autant les automobilistes amènent leur voiture tous les ans au garage alors que ce n’est pas toujours nécessaire autant, pour son vélo on a tendance à attendre qu’il grince de partout pour s’inquiéter de lui.

Pour répondre, la majorité des pannes peuvent être autoréparées, souvent la limite c’est le temps que le·a cycliste est prêt·e à donner à son vélo. Changer une chambre à air pour un professionnel prend en général 5/10 minutes ; pour un néophyte, ça peut prendre 5 ou 6 fois plus de temps.

Nous tentons, au cours des ateliers d’autoréparation de transmettre les connaissances de bases qui permettent de maintenir son vélo dans un état de fonctionnement répondant aux exigences de sécurité, ainsi que les bases du diagnostic d’un disfonctionnement c’est la priorité. Ensuite, en fonction de l’appétence du bénéficiaire, on rentre dans des opérations un peu plus importantes. Un vélo est quasiment toujours réparable, sauf quand le cadre est accidenté.

Quel est le matériel à avoir pour assurer les réparations de base ?

Un marteau !

C’est une question difficile, les besoins en outils sont différents selon l’époque de fabrication de votre vélo.

Un outillage de base est composé d’un jeu de clé à fourche de 8mm à 15mm, un petit tournevis plat, un autre cruciforme, un jeu de clé hexagonale de 2mm a 8mm, 2 ou 3 démonte pneu, une pompe et quelques rustines, une clé à molette et une pince multi prise.

Avec cela on peut déjà faire beaucoup de réparations.

Aujourd’hui les enseignes de la grande distribution vendent des petits kits d’outils notamment les fameux multi-tools qui correspondent très bien aux besoins des vélos post 2000.

Qu’en est-il de l’autoréparation pour les vélos électriques ?

Un VAE c’est avant tout un vélo, en général, entre 70 et 80% du vélo est mécanique ça laisse beaucoup de choses réalisable en autoréparation, néanmoins, le poids la bête ne facilite pas la maintenance si on est seul.

Quels serait tes recommandations pour prolonger au max la durée de vie d’un vélo ?

En fonction de l’usage :

  • A minima une révision tous les 1000kms environ 6 mois pour quelqu’un qui fait 10km/jour pour aller au travail.
  • Toutes les semaines : coup de chiffons + une huile très fluide pour la chaine (jamais de graisse sur la chaine)
  • Tous les mois : gonflage des pneus, contrôle du freinage, contrôle des vitesses.

Dès qu’il ne fonctionne pas comme avant (grincement, chuintement, sifflement, frottement, crac, clic clic ou je ne sais quoi) se rendre dans un atelier pour un diagnostic.

 

Pour terminer, une astuce ou un message à partager à nos cyclistes de lecteur·trice·s ?

Qui veut aller loin « entretien » sa monture ! Un coup de chiffon, un peu d’air et un peu d’huile et votre vélo fonctionnera bien, et plus longtemps. On sait que vous l’aimez alors montrez-lui, ne soyez pas timide, il le mérite ! 🚲

    Cet interview a été réalisé par Diane, toujours un crayon dans les mains, des envies de nature
    plein la tête
    et le soundtrack du Seigneur des anneaux dans les oreilles.

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